Le kabuki 歌舞伎
- Publié le : 04/05/2013
- Par : N.B.
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Baroque et populaire <br>
Longtemps méprisé au profit du classique nô, le kabuki est resté un art dramatique bien vivant depuis sa création, il y a plus de quatre cents ans.
Les origines du kabukirestent assez floues et controversées. En 1603, une certaine Okuni, prétendueprêtresse du sanctuaire d'Izumo, s'installe à Kyoto pour présenterdanses religieuses et saynètes. Elle y apparaît travestie en homme et habilléeà l'occidentale, n'hésitant pas à braver les premières persécutions chrétiennesen portant croix et rosaires...
Sensuelle censure
Forte de son succès, Okuni fait appel à desdanseuses itinérantes. Ses spectacles délaissent progressivement l'aspectreligieux pour devenir un divertissement alliant danse et sensualité.Guerriers, bourgeois, artisans ou paysans, tous accourent pour voir Okuni et satroupe, les plus fortunés s'arrachant les faveurs des danseuses après lesreprésentations. La prostitution et la mixité sociale inquiètent les autorités,qui décident de bannir définitivement les femmes de la scène en 1629.Remplacées par de jeunes garçons, la situation reste inchangée mais l'arrivéede véritables acteurs d'âge mur calme les ardeurs du public et permet au kabuki de devenir un art dramatique àpart entière.
La censure par des réformes de l'époque Meiji (1868-1912) atenté d'en faire un divertissement respectable au même titre que le nô,mais acteurs et auteurs ont su préserver l'essence du kabuki, démesuré et exubérant. Le spécialiste et critique dethéâtre japonais WATANABE Tamotsu reconnaît que « les facteurs qui ontpermis aux quatre formes de théâtre classique japonais qui sont le nô, le bunraku (théâtre demarionnettes), le kyôgen (théâtrecomique) et le kabuki de perdurer auJapon dans leur forme traditionnelle, là où la tragédie grecque ou le théâtreélisabéthain ont échoué en Europe, restent inexpliqués ».
Extravagance codifiée
Le kabuki secaractérise par une scène bien spécifique, munie d'une machinerie complexe,d'un plateau central tournant et du hanamichi, passerelle courantjusqu'aux loges entre les spectateurs et permettant aux acteurs de faire uneentrée majestueuse. Les personnages principaux y effectuent le mie,sorte d'arrêt sur image spectaculaire, moment fort de la pièce. Tout comme le nô, le kabuki est extrêmement codifié. De la gestuelle aux costumes enpassant par l'intonation des répliques et la couleur du maquillage, rien n'estlaissé au hasard. Le répertoire, riche et varié, embrasse la comédie, le drame,l'épopée historique, les histoires de fantômes en passant par les récits duquotidien ou les pièces dansées.
L'absolu féminin
Les acteurs se transmettent leur savoir de génération engénération et sont souvent spécialisés dans un type de rôle particulier. Leplus connu et fascinant est certainement l'onnagata, acteur spécialisédans les rôles féminins. Il ne s'agit en aucun cas d'une représentationréaliste de la femme, plutôt d'une vision idéalisée et magnifiée. Bandô Tamasaburô est l'onnagata le plus connu et apprécié de ces dernièresdécennies. Il se produit régulièrement à l'étranger.
Les théâtres japonais proposent deux représentationsdifférentes par jour, une en matinée et une en journée. Il est très rare qu'unepièce soit jouée dans son ensemble, les programmes proposent donc un à troisactes issus du répertoire classique ou moderne alternant danse, drame ouaction.
Le kabuki est uneexpérience à part entière, un feu d'artifice de couleurs chatoyantes et de sonsdiscordants. L'acteur disparaît sous son épais costume. Sa voix ondule et sebrise pour révéler les états d'âme de son personnage et ravir le spectateur,néophyte ou amateur.
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